Vendredi 24 mars 2017, Lilian Thuram, que je ne présenterai pas ici car ce serait de vains efforts au regard de sa notoriété, a tenu une petite conférence sur la discrimination de toute forme – le racisme, le sexisme, la xénophobie, l’homophobie, etc. – dans le collège-lycée PFLS à Shanghai où je travaille. Pour ceux qui ne le savent pas, je suis professeur de Français Langue Étrangère à Shanghai, en Chine, depuis plusieurs années déjà. Monsieur Thuram est donc venu parler de la discrimination aux élèves de toutes les classes de français LV1 de cette école, accompagné du directeur de la fondation Lilian Thuram, Monsieur Lionel Gauthier. Un grand merci également à l’Institut français à Shanghai en la personne de Charlotte Hyvernaud, qui nous a proposé cette activité. Le déroulement de cette journée amena les élèves de toutes classes confondues à poser des questions pertinentes à Lilian Thuram qui, avec une remarquable bonté et la patience d’un passionné, a su faire passer son message parfaitement. Son voyage en Chine n’a pas commencé et fini dans notre école, l’ancien champion est d’abord allé à Beijing, puis Shanghai, Chengdu, et d’autres grandes villes chinoises, pour s’envoler ensuite pour la France.

Quel est donc le rapport entre cette activité à plus de 9000 kilomètres de chez vous et le thème principal de ce site internet qui est un mode de vie à l’asiatique ?

Ainsi que le mentionne ce site, il est et sera très largement question des arts martiaux sur Ciel et Mont. Lors d’une interview à Hong Kong en 1971 (cliquez ici pour la voir – c’est en anglais), le très légendaire Bruce Lee dit : « Unless that human being have three arms and four legs, we will have a different form of fighting » ou encore « So style tends to not only separate men […] but if you don’t have style, you just say here I am as a human being. » Dans cette interview, on voit un Bruce Lee au sommet de son art (Il mourra 2 ans plus tard un 20 juillet 1973) et ce contre lequel il s’est très souvent battu fut le racisme. De nombreuses histoires à ce sujet font légion sur tout un tas de sites qui lui sont consacrés, cliquez ici pour en apprendre plus sur sa vie. Parmi ses élèves on pouvait compter différentes nationalités et groupes ethniques, ce qui montrait que Lee était tout sauf raciste. D’ailleurs la théorie de son art, le Jeet Kun Do, repose sur le fait qu’un artiste martial doit pouvoir s’exprimer totalement sans être sous quelconque influence en tant qu’être humain. Or jusqu’à preuve du contraire, que l’on soit noir, blanc, jaune ou rouge, nous sommes tous des êtres humains donc nous pouvons tous nous exprimer en tant que tel. C’était là un message très intéressant délivré par Lee qui montrait par les arts martiaux que le racisme n’avait pas lieu d’être. Si un homme, ou une femme, peu importe sa nationalité ou la couleur de sa peau veut vous mettre une gifle ou un coup de pied, la haine envers les autres ne sera d’aucune utilité. De même que le code génétique de deux maîtres de Kung Fu importe peu lorsqu’il s’agit de gagner un combat.

Pour en revenir à Lilian Thuram, qui lui aussi s’efforce de démontrer que la discrimination n’a aucun fondement raisonnable, il nous est forcé de constater que le sport en général est un partage intercommunautaire. Si l’on fait fi des soi-disant quotas dans le foot, que l’on oublie les supporters déchaînés et manipulés par l’effet de groupe et que l’on laisse tomber plus simplement les médias, on s’aperçoit rapidement que lorsque l’on joue à un jeu ou que lorsque l’on fait du sport collectif ou individuel, on oublie rapidement les origines de nos coéquipiers car c’est aussi grâce à eux qu’on va remporter la victoire, de même qu’on ne se soucie guère de savoir si son adversaire aux échecs ou au tennis est Libanais ou Chilien ou Russe du moment que l’enjeu est de gagner en suivant des règles précises.

Le monde actuel a besoin de ce genre de personne pour nous rappeler que les discriminations sont le résultat de manipulations et qu’elles peuvent s’effacer rapidement si on considère son prochain comme un partenaire de jeu ou un adversaire qu’il faut battre à la loyale. Dans la conférence qu’a animée Lilian Thuram, ce dernier a mentionné le fait qu’on ne naît pas raciste, on le devient et que l’individu compte plus que le communautarisme. N’est-on pas ici en présence du message de Bruce Lee qui voulait que chaque être humain s’exprime à sa manière à travers les arts martiaux ? En tout cas, merci à Lilian Thuram d’être venu représenter ses idéaux auprès des jeunes Chinois.

Rencontre avec Lilian Thuram

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