Arts martiaux - Culture chinoise - Vivre en Chine

Naissance d’un blog d’arts martiaux

Les choses n’apparaissent pas par hasard. Derrière chaque action, il y a une décision. Derrière chaque décision, il y a une histoire.

 

Poitiers, ville moyenne française du département de la Vienne, courant de l’année 2000 …

« Hé, j’ai trouvé un club de Kungfu, on compte aller y faire un tour avec Nat. Toi qui dis tout le temps que tu aimerais aller en Chine pour les arts martiaux, ça te dit d’aller tester ? »

On était à l’époque toute une bande de potes, à fond dans le monde underground, avec toutes les émotions et expériences bizarres qui vont avec.

Mais cette proposition de Raphaël avait réveillé un vieux truc…

La scène de la fin du film Fist of Fury (La Fureur de vaincre en bon français), dans laquelle Chen Zhen (Bruce Lee) venge son maître Huo Yuanjia mort empoisonné par les Japonais, resurgit dans mon esprit d’enfant.

J’avais 7 ou 8 ans quand j’ai vu pour la première fois les exploits de Lee à la télé.

Waow ! C’est quoi ce truc ? J’avais du me dire ça à l’époque…

C’est comme ça que cette aventure a commencé : des potes et le club d’arts martiaux vietnamien de Poitiers Hoa Linh Bac Tru Quyen.

 

 

« Va jusqu’au bout de ta vision »

 

Les années de lycée ont été vraiment très cool. En tout cas, pour le groupe qu’on était, pas moins de 15 jeunes, tout juste dotés de permis de conduire, avec un peu d’argent de poche et pas mal d’idées pour s’exploser la cervelle. Côté cours, c’était plutôt l’hécatombe, puisqu’on faisait la fête tout le temps.

C’est ça être jeune.

Malheureusement, quand les responsabilités d’adulte commencent à pointer le bout du nez, se mettre minable à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, ça dure pas longtemps.

Échec. Scolaire. Et social, forcément.

Ce problème s’est ensuite accentué de 2002 à 2004. J’avais la très nette impression que je n’étais pas fait pour le monde de la mécanique et des engins de Travaux Publics, pour lequel j’ai préparé puis raté un BTS. Bah, c’est pas très encourageant quand lors d’un stage en entreprise, on vous demande si vous voulez un Ricard, puis que vous vous faites traiter de pédé parce que vous avez gentiment refusé ! Bref, un monde qui ne me manque pas aujourd’hui …

Le gouffre est noir, il est froid, il est vaste, j’y ai séjourné un moment.

Mais comme le dit C. G. Jung, au moins au fond du trou, on ne peut aller que vers le haut…

Les petits jobs par intérim ne me rapportaient rien de financier ni d’intellectuel. Les soirées et nuits de fêtes n’en finissaient plus, les relations malsaines me tiraient vers le bas.

L’été 2005, alors que je venais de passer toute la saison sur l’île d’Oléron, à risquer ma santé en bossant comme un malade tout en repoussant toujours plus les limites de la fête, je suis resté un mois de plus sur l’île pour gagner un peu d’argent.

C’est durant ce mois que les choses ont changé.

L’ambiance estivale s’arrêta d’un seul coup dès le 31 Août. Septembre 2005 a été mon gouffre.

Je pouvais pas dormir plus de 3h00 par nuit, travaillais environ 10 h par jour, ne mangeais plus grand chose, mais surtout, j’étais complètement en décalage psychologique, seul, au bout de l’île, transformée en zone fantôme en moins de 3 jours.

Angoisses par douzaines.

Crises, tremblements, lumières allumées la nuits, comportement de chat sauvage le jour.

Le retour à la réalité s’est manifesté, non pas comme un regret pitoyable, mais plutôt comme une force qui est sortie de l’intérieur à la manière d’un phénix qui renaît de ses cendres.

Hors de question que je m’apitoie sur mon sort plus longtemps.

C’en était trop, il fallait que je mette un coup de pied violent dans ce déchet anémique que j’étais devenu.

La solution est apparue très rapidement à la fin de ce mois de détresse profonde : les arts martiaux.

Quelques années plus tôt, j’avais pratiqué dans le club de Poitiers mais j’avais arrêté dès la deuxième année, juste eu le temps de passer la première ceinture. Pourtant, après cette aventure psychotique le club Hoa Linh Bac Tru Quyen allait me revoir, plus décidé que jamais et gonflé à bloc.

La mue était entrée dans son processus.

La chrysalide allait s’ouvrir.

J’ai ainsi arrêté les conneries, la cigarette (j’étais à 15, 20 cigarettes par jour à 22 ans) et l’alcool.

Et j’ai bourriné.

3 entraînements par semaine et dès le début puisque, vu que j’étais ultra motivé, le prof du club m’avait proposé de venir aux entraînements pour les avancés aussi.

Je m’étais sorti des sables mouvants, finalement.

Le rêve que j’avais depuis tout petit refaisait surface lentement et m’a finalement orienté vers les études de chinois à Montpellier. Je voulais définitivement quitter mon ancien environnement.

Grâce à la licence de Langue, Littérature et Civilisation Étrangère spécialisée chinois que j’ai commencée en 2006, j’ai pu aller en Chine en 2008.

Il n’y a pas de mot pour décrire la satisfaction de la victoire sur soi-même. La motivation avait été inébranlable et la réussite du projet au rendez-vous.

Entre-temps j’ai continué à pratiquer un peu les arts martiaux, mais chinois cette fois, au club Omitofa.

 

 

Premiers pas sur le sol chinois

 

Je vais la faire courte car un article plus complet parle de cette majestueuse arrivée dans l’Empire du Milieu que vous pourrez lire en cliquant ici.

21 Août 2008 : J’arrive en Chine lors des JO de Pékin pour finir ma licence.

Je suis le seul de ma promotion à avoir participé au programme d’échange inter universitaire proposé par le département de chinois de la fac Paul Valéry, mes camarades ne se disaient pas prêts pour l’aventure. Mes études se sont poursuivies à Dalian, dans le nord de la Chine.

2009 : Je suis diplômé, reviens 1 mois en France pour des formalités puis retourne immédiatement en Chine, à Shanghai cette fois-ci.

Entre 2009 et 2011, j’ai bien essayé de chercher 2 ou 3 wuguan (dojo chinois) mais sans réelle motivation. J’étais complètement perdu dans cette nouvelle vie et ce choc culturel qui ne me faisait pas peur quelques années auparavant était devenu écrasant, étouffant.

Une fois de plus j’ai touché le fond, mais là, c’était plutôt à cause d’un rééquilibrage psychologique (et peut-être énergétique aussi) que je n’avais pas du tout anticipé.

Fin 2011, je tournais comme un lion en cage.

Cela faisait déjà trop longtemps que je n’avais pas pratiqué.

Je parcourrai les réseaux sociaux locaux et tombai enfin sur un wuguan dans lequel on pouvait étudier toutes sortes de styles.

Et surtout pas loin de chez moi.

Shanghai c’est 25 millions de gens, ce n’est pas petit.

Admirateur de Bruce Lee, j’avais naturellement choisi de faire du Jeet Kun Do mais je n’arrivais pas à canaliser la pression générée par la grande ville.

J’étais ultra stressé et hypersensible.

Me défouler sur un sac, c’était bien mais pas suffisant, trop court termiste en somme…

 

 

Le conseil inestimable

 

 » Et pourquoi tu ferais pas du Tai chi chuan ? me dit-elle avec un air qui en voulait à mon manque de perspicacité.

– Oui, je sais que c’est un art martial mais c’est trop mou ! Genre, c’est pour les vieux …

– Mais c’est ce dont tu as besoin, un truc pour te calmer, par pour t’exciter encore plus ! »

Elle m’avait cloué le bec.

Je ne l’avouai pas tout de suite mais elle avait complètement raison.

C’est donc sur ce bon conseil de ma femme que j’ai réorienté mes études des arts martiaux chinois pour les diriger vers les arts internes, dont le Tai Chi Chuan fait partie.

Je ne la remercierai jamais assez pour cela car ce conseil m’a permis de rencontrer mon Maître Jiao Yu, 矫羽.

Cette rencontre, en plus de m’avoir fait connaître de nombreuses méthodes d’entraînement traditionnel, m’a apporté des valeurs de respect et de contrôle de soi.

Autodiscipline, vision à long terme, force, courage, connaissances, résolution de problèmes, la liste des bienfaits en terme de santé et développement personnel est longue.

C’est ce qu’apportent les arts martiaux quand ils sont consciencieusement pratiqués.

Vous devenez meilleur sur de nombreux points.

Aujourd’hui, je vis à Shanghai et connais désormais très bien cette ville. J’y ai ma famille, mes amis, mon travail.

Mais le plus important est que j’y vis tous les jours le rêve qui m’anime depuis enfant : pratiquer des arts martiaux à la fois authentiques, adaptés et évolutifs.

Ce que j’aimerais partager avec vous et avec ce monde, ce sont les bienfaits que les arts martiaux apportent :

La vitalité : beaucoup de gens sont fatigués autant physiquement que mentalement et il est difficile pour eux de trouver des solutions durables autour de chez eux.

L’adaptabilité : trouver une salle dédiée, un club ou un prof, c’est pas non plus évident pour tout le monde, surtout lorsqu’on habite un peu loin des villes. Mais sachez que vous pouvez pratiquer partout, le corps est votre outil, le seul sur lequel compter en réalité.

La culture chinoise : la culture chinoise se manifeste par les arts que l’on connaît tels que les peintures, les opéras ou la cuisine. Mais si la culture chinoise ça n’était que ça, on n’en ferait pas autant de cas. La culture chinoise, c’est la pensée chinoise. La pensée chinoise est une autre vision de la société humaine. Là où les Français verront un carré, les Chinois y verront un cercle, et vice-versa. C’est l’ouverture d’esprit que de vivre cela.

La place des arts martiaux chinois au 21ème siècle : plus que jamais, avec l’échange des cultures au niveau mondial, les gens ont besoin de ces connaissances orientales pour reprendre en main leur santé. Le potentiel du proverbe « il vaut mieux prévenir que guérir » est largement sous-estimé par la majorité des gens, rôdés au correctif et aux médicaments.

Les arts martiaux chinois internes vous rendent ce que la négativité vous a dérobé : la vitalité, l’optimisme, le réalisme, l’imagination créative, la force de sortir du lot. 

C’est ce que le conseil de ma femme, une soirée d’automne un jour en Chine, m’a apporté. 

Je suis Mathieu Ayrault, disciple du Taichi chuan et du Xingyiquan à Shanghai et je l’ai fait.

Pourquoi pas vous ? 

 

 

Association martiale Ming Yue

 

La pratique de notre école, Ming Yue Arts Martiaux est principalement issue du Neijia Quan, l’art martial traditionnel chinois qui regroupe la plupart des arts internes tels que le Tai chi chuan (Tai Chi Chuan), le Xingyiquan (Hsing I Chuan) ou le Baguazhang (Pa Kua Chang).

La recherche de la raison d’être des arts martiaux chinois est le nerf central de l’école Ming Yue, ainsi nous réfléchissons constamment aux applications des techniques internes en combat réel (avec protections).

Le moteur de l’art réside dans les notions véhiculées de générations en générations. Les médias à Shanghai considèrent aujourd’hui notre petit groupe comme « la jeunesse ravivant les arts traditionnels ».

Quelques grands pratiquants de la civilisation chinoise pré-communiste ont inspiré la création de l’association Ming Yue de Shanghai.

Ainsi pour les 3 grandes branches des arts internes, nous devons citer :

– pour le Xingyiquan : les grands maîtres Shang Yun Xiang et Sun Yong Chun

– pour le Baguazhang : les grands maîtres Cheng Ting Hua, Cheng You Long et Cheng Shu Hua

– pour le Tai chi chuan : les grands maîtres Yang Cheng Fu, Cui Yi Shi et Huang Yong De

Dès 1966, la Chine Maoïste entre dans une période noire qui va durer 10 ans et pendant laquelle les arts martiaux traditionnels sont déclarés hors-la-loi (même si avant cette période, les orientations politiques occultent la pratiques des arts du combat. D’où l’expression volontairement choisie en parlant de la Chine qui nous inspire : la Chine post-communiste)

À cause de cette Grande Révolution Culturelle orchestrée par Mao et ses conseillers, il est peu probable de trouver encore aujourd’hui des maîtres détenant les réels secrets des arts martiaux traditionnels chinois comme ont pu le faire les grands maîtres cités ci-dessus (Et j’en passe – Sun Lu Tang, Xue Dian, Guo Yun Shen, Wang Xiang Zhai, pour ne citer que le côté du Xingyiquan…)

C’est la raison pour laquelle l’association Ming Yue a pour cheval de bataille le fait de revisiter les arts ancestraux et les adapter au 21ème siècle.

 

 

Comment revivre au quotidien

 

L’époque passée ne se retrouve jamais, c’est comme ça …

MAIS cela ne concerne que les grandes lignes.

Aujourd’hui, vous êtes envahis par l’information et vous tentez dans la mesure du possible de la choisir avec soin.

Vous êtes en train de lire ces lignes parce que vous vous intéressez à votre santé et que vous voulez la retrouver ou l’entretenir ou la renforcer en vous souvenant du dynamisme insouciant de votre enfance.

C’est une des préoccupations majeures des gens du 21ème siècle. C’est pourquoi il est aujourd’hui crucial d’étudier avec l’œil critique du bon sceptique les arts martiaux traditionnels chinois afin de les revisiter et de les adapter à notre époque et aussi à ses propres attentes.

A l’aide des traditions anciennes et de l’océan d’informations à notre portée, nous allons travailler ensemble en fonction de vos besoins et des capacités de chacun.

Je vous invite donc à découvrir, revisiter, réanimer les arts traditionnels chinois à travers la pratique, qui tentera de vous redonner de la vitalité, de la force et de l’enthousiasme.

Vous pouvez vous mettre en marche dès maintenant car aujourd’hui est le premier jour du reste de votre vie.

Et si vous commenciez par vous inspirer de certaines postures d’enracinement martial ?

Je vous remercie d’avoir lu jusqu’au bout.

 

Sachez que vous avez également la possibilité de manifester votre soutien au blog Ciel et Mont en cliquant sur le bouton « Tip! » dans la colonne de droite à côté de l’article !

A tout de suite de l’autre côté du bouton,

 

Respect et salutations.

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Christophe Frugier
Christophe Frugier
1 mois plus tôt

Merci pour ce partage de ton experience personnelle

Mathieu Ayrault

Blogueur sinisé

Depuis 2008 je vis en Chine à Shanghai. Bien intégré à cette société, je vous apporte le point de vue d’un résident de l’Empire du Milieu. Vie en Chine, culture chinoise et arts martiaux sont les thèmes que vous allez découvrir au travers des articles du blog Ciel et Mont.

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