Chi

Entendons-nous bien.

Du fait du caractère possiblement ésotérique du concept de Chi et de l’aura que ce concept évoque dans l’inconscient collectif, ce que vous allez lire par la suite est avant tout la formulation d’une hypothèse qui, si elle est acceptée et retenue par une majorité d’intéressés, pourrait éventuellement devenir une théorie.

 

Chi (ou Qi, ou énergie) qu’est-ce que c’est ?

Nous allons tenter succinctement de présenter le concept de Chi en X façons de voir les choses. De cette manière, à force de tourner autour du pot, il vous apparaîtra une idée plus ou moins nette de ce qu’est Chi.

(Gardez quand même à l’esprit que les points de vue listés dans cet article ne sont pas exhaustifs et que si vous avez une autre façon de voir les choses, je vous invite vivement à l’exprimer dans les commentaires en bas de page.)

Pourquoi est-on si fascinés par cette idée qu’il y aurait une énergie toute puissante qui relierait chaque chose et chaque être vivant et qui traverserait le grand Tout ?

  • Certains aimeraient parfois s’octroyer des pouvoirs magiques pour peut-être nourrir un certain égocentrisme, ou trouver solution à un complexe d’infériorité.
  • D’autres, plus curieux, pourraient bien découvrir derrière cette idée une nouvelle façon de vivre, l’exploration des choses inconnues comme motivation.
  • Ou peut-être par simple ras-le-bol de nous servir des médicaments à chaque repas, dû au fait que la médecine moderne soit bien en peine d’expliquer certaines choses hors des sentiers battus.
  • Plus terre-à-terre, si on comprenait parfaitement Chi, qu’adviendrait-il des établissements et firmes pharmaceutiques ?

C’est un autre débat, nous ne nous y attacherons pas ici à part pour expliquer la raison pour laquelle on s’intéresse tant à Chi.

Mais pour vous, qui voulez reprendre votre santé en main, d’une manière différente, l’objectif serait peut-être : comment faire pour être finalement en forme durablement ?

On en parlera à la fin de l’article.

Mais avant ça, il nous faut passer par différents points de vue pour concevoir cette idée :

Qu’est-ce que le Chi (Qi) ?

L'énergie et la vulgarisation du mot

C’est un mot qu’on entend souvent, qu’on lit encore plus. Avec l’essor du Qigong et du Tai chi, l’énergie est une expression qui a été vulgarisée, utilisée à tout va.

À la fin de la journée, vous êtes probablement fatigué(e) et vous dites alors : 

« je n’ai plus de jus ». 

Et tout le monde sait parfaitement que vous parlez ici d’énergie. Vous n’avez plus la force ni physique ni mentale de vous lancer dans une tâche pénible.

Mais on entend aussi parfois parler de l’énergie de manière très ésotérique, à la frontière du surnaturel. 

Youtube, pour ne mentionner que cette plateforme, regroupe pléthore de vidéos montrant Grands sages et Vieux maîtres pouvant, par la force de leur Chi, faire voler sans mouvement particulièrement flagrant toute une ribambelle de disciples.

Le mot énergie est souvent utilisé sans approfondissement sémantique.

Et on transvase alors l’expression d’une chose tout à fait banale dans un monde magique et ésotérique.

Attention. Je ne dis pas que la magie et l’ésotérisme n’existe pas.

Mon message ici sert plutôt à balayer de cet article ce qui pourrait nous embrumer l’esprit avec les tours de passe-passe de certains maîtres jouant avec leurs élèves complaisants.

Il faut reprendre, de manière scientifique, le raisonnement qui nous pousse à nous intéresser à l’énergie.

Les expressions chinoises

Le mot chinois Chi, qui s’écrit aujourd’hui ou représente étymologiquement quelque chose associé à un état gazeux. 

est la clé sémantique de beaucoup d’idéogrammes chinois représentant soit l’atome d’un élément gazeux soit un objet ayant une relation avec un état gazeux.

On notera par exemple le mot essence (pour la voiture) s’écrivant comme 汽油 qi you. 

Le premier caractère associe la clé de l’eau à la clé du gaz, l’essence étant un liquide très volatile et le deuxième caractère signifie « huile », faisant référence au pétrole, l’huile de roche.

Il est donc tout à fait normal de traduire 气 comme « le souffle » aujourd’hui dans notre société.

Pourtant on pourrait se poser cette question : de quel souffle parle-t-on ?

C’est alors qu’on ajoute parfois, sans discussion outre-mesure, le complément du nom « de vie » pour enfin former l’expression « souffle de vie ».

Néanmoins, pour les Chinois, représente bien le souffle, dans la dimension physiologique du terme puisque inspirer se dit 吸气 (aspirer de l’air) et expirer se dit 吐气 (cracher de l’air). Aspirer et cracher de l’air ne sont que des actions naturelles qui induisent les mouvements de la respiration, donc du souffle.

Prenons un autre exemple.

Dans les arts martiaux chinois internes, il est une expression 气沉丹田 (Qi Chen Dan Tian) qui fait référence à un mode respiratoire particulier : la respiration abdominale. 

Pour le peu que l’on en sache, on inspire de l’air avec les poumons. 

Le trajet de l’air – donc de – s’arrête au niveau du diaphragme (laissons le thème de l’échange oxygène-dioxyde de carbone qui se passe lors de la respiration aux futurs doctorants en médecine, s’il vous plaît).  

Mais dans l’expression Qi Chen Dan Tian, qui signifie que Qi s’enfonce dans le bas-ventre (Dan Tian), on suggère implicitement que le Chi air se transforme en un autre Chi, puisque le trajet du souffle est limité par le diaphragme qui se trouve au milieu du tronc, juste sous les poumons.

Or, lorsqu’on respire avec le ventre, celui-ci se gonfle, non pas sous l’action musculaire mais sous la pression exercée par le diaphragme qui reste en position basse lors des phases inspiration-expiration.

Chi, lors de cet exercice de respiration, passe donc de l’état air à l’état de force physique générée par pression

Pourtant, il s’agit toujours du même caractère chinois : .

L’ancien caractère chinois du Chi

Le pratiquant de Qigong pourrait ne pas avoir connaissance de l’ancien mot chinois désignant Chi : .

Lançons-nous 2 secondes de plus dans l’étymologie des caractères chinois.

Ce caractère est composé de 2 parties : la partie haute et la partie basse dessinée à l’aide de 4 points, qu’on pourrait voir comme étant des virgules, avec nos yeux d’occidentaux.

 : wu, non-présence. Attention, cela ne signifie pas absence. On désigne par non-présence, quelque chose de présent, mais qui ne prend avantage sur aucune autre chose. On reste dans l’équilibre et l’harmonie.

 : huo, une variante du caractère , le feu.

炁 , l’ancien caractère chinois pour désigner Chi, illustre en réalité la non-présence de Feu, ou plutôt le fait que celui-ci ne prenne pas de l’ampleur sur les autres choses qui l’entourent.

Or, on sait que le travail du Qigong passe par l’équilibre entre Kan , trigramme du Yijing représentant l’eau, et Li , trigramme du Yijing représentant le feu.

L’ancien caractère Chi est en fait une des définitions du Chi de l’Homme, lui indiquant qu’il doit réguler la non-présence du feu dans le corps.

Pour couper court, Chi est donc l’importance de la non-présence du feu dans le corps par rapport à l’eau.

Nous sommes en présence d’équilibre des fluides dans la sphère médicale de l’étude de Chi.

L’imaginaire collectif et l’illusion du mythe

Comme le souligne Yuval Noah Harari dans son livre « Sapiens » (retrouvez la bibliographie en fin d’article), l’être humain a pu créer sa formidable emprise sur le monde à l’aide d’une solide coopération.

Si chaque être humain représente une brique dans le mur de l’histoire de l’humanité, le ciment liant chacune de ces briques est l’imaginaire collectif.

Harari explique ainsi que si nous sommes devenus les premiers prédateurs sur Terre, c’est parce que nous inventons des histoires pour relier nos semblables à une cause qu’on pense noble. 

Nous sommes fascinés par les mythes. 

D’où le succès du storytelling lorsqu’il faut vendre un produit ou présenter une conférence, ou même faire un cours devant des élèves peu passionnés par la matière à étudier. Avec un bon storytelling, les élèves écoutent et participent.

Le mot énergie, au 21ème siècle, bénéficie d’une aura phénoménale créée depuis des décennies avec l’avènement des pratiques de santé, emmenées par le Yoga et le Qigong.

Mais ce n’est pas tout. 

L’explosion des mangas et animations japonaises y a contribué également. 

Nés dans les années 80, nous sommes nombreux à être restés des heures durant devant la télé et surtout le club Dorothée ( Oui absolument ! ) qui proposait à l’époque des dessins animés mythiques (le mot est volontairement employé) tels que Ken le survivant (Hokuto no Ken), les chevaliers du Zodiaque (Saint Seya) ou encore Dragon ball. 

Même dans des dessins animés comme Olive et Tom (Captain Tsubasa) on retrouvait des footballeurs d’une force si prodigieuse qu’ils arrivaient à trouer les filets d’un gardien de but malchanceux. 

Et je ne parle même pas des jeux vidéo de combat (Street fighter 2 ou autres) dans lesquels on pouvait projeter une énergie destructrice grâce à des combinaisons de boutons.

Une vraie tradition, vivant au travers d’un imaginaire collectif et générationnel s’est formée petit à petit …

« Tu regardes trop la télé. »

Cette phrase, vous l’avez déjà dite ou vous l’avez déjà entendue.

Mais il y a également les films, dans lesquels perdure la tradition de l’énergie.

Ainsi, Maître Yoda, dans Star Wars, parle de la Force en ces mots : 

« La vie l’a créée, l’a faite grandir. Son énergie nous entoure, et nous relie. Nous sommes des êtres illuminés, pas une simple matière brute. Tu dois sentir la Force autour de toi, ici, entre toi, moi, l’arbre, la roche, partout. Oui, elle est même entre le sol et le vaisseau. »

après que Maître Obi Wan Kenobi dans l’épisode précédent ait expliqué à Luke Skywalker que la Force est « une sorte de fluide créé par tout être vivant, c’est une énergie qui nous entoure et nous pénètre et qui maintient la galaxie en un tout unique. »

« Tu regardes aussi trop de films »

D’où vient alors cette similitude entre la Force de Georges Lucas et l’énergie dont on vante les mérites aujourd’hui ?

Georges Lucas n’a pas inventé tout seul cette histoire. Tout le monde sait que les épisodes de Star Wars sont imbibés de sagesse orientale.

Le nom du maître de Obi Wan Kenobi, Qui-Gon Jinn viendrait de l’expression chinoise Qi Gong Jin, littéralement traduite comme Force interne du travail du Chi …

Capilotracté, mais vraisemblable… 

Une génération entière a été éduquée à une forme d’énergie par la télé, les films et la littérature. 

Alors dès qu’arrive un grand maître chinois connu pour des prodiges que la science moderne n’explique pas, la boucle est bouclée, le mythe est entretenu.

La science moderne. 

C’est justement l’inquisiteur, le bourreau qui décapite le rêve et nous pousse alors dans nos retranchements, nous considérant parfois comme des illuminés.

Le cyber monde prenant une place de plus en plus vaste dans notre quotidien, le mythe de l’énergie prend dors-et-déjà des tournures soit complètement farfelues, soit complètement matérialistes.

Que faire ?

Je dis toujours à mon fils de 4 ans : « Si tu forces en mettant ton pantalon et que c’est coincé, alors enlève-le et recommence tout depuis le début. »

C’est ce que nous allons faire maintenant, pour arrêter de nous perdre dans des débats sans queue ni tête à propos de Chi.

Définitions encyclopédiques

Nous sommes pratiquants d’arts martiaux internes. 

Nous ne pouvons pas ignorer nos expériences ni nos ressentis, si toutefois ces derniers ne sont pas engendrés par un mental subjectif.

Nous allons dans cette partie tenter de reprendre tout depuis le début, au niveau sémantique et étymologique. 

Considérons le mot « énergie » et les 2 définitions qui suivent empruntées à Wikipédia :

Définition numéro 1 :

«L’énergie est un concept qui remonte à l’Antiquité. Le mot français « énergie » vient du latin vulgaire energia, lui-même issu du grec ancien ἐνέργεια / enérgeia.

Ce terme grec originel signifie « force en action », par opposition à δύναμις / dýnamis signifiant « force en puissance » ; Aristote a utilisé ce terme « au sens strict d’opération parfaite », pour désigner la réalité effective en opposition à la réalité possible.

L’énergie est un concept relié à celui d’action, de force et de durée : la mise en œuvre d’une action nécessite de maintenir une certaine force pendant une durée suffisante, pour vaincre les inerties et résistances qui s’opposent à ce changement.

L’énergie qui aura été nécessaire pour accomplir finalement l’action envisagée rend compte à la fois de la force et de la durée pendant laquelle elle aura été exercée.

Le sens premier est celui d’une vertu morale : l’énergie morale et physique que l’homme doit mettre en œuvre pour accomplir un travail donné. »

Définition numéro 2 :

« Les expressions ‘pratique énergétique’,  ‘thérapie énergétique’, ‘technique énergétique’, voire ‘thérapie manuelle énergétique’, désignent toutes les pratiques de médecine non conventionnelle qui utilisent un sens dérivé du mot « énergie » pouvant tour à tour signifier « énergie de l’Univers », « énergie divine », « énergie électromagnétique », etc.

Le concept renvoie à l’idée qu’il serait possible pour un être humain de faire circuler en soi et de transmettre à quelqu’un d’autre une « énergie » (énergie en provenance de l’univers, de Dieu, d’un ange, le qi, etc.) qui aurait le pouvoir de détendre voire de guérir ou de provoquer des états de conscience modifiés. »

Pour tenter de comprendre plus profondément ces 2 définitions, nous devons choisir un outil pour les mettre en pratique. 

Nous prendrons par exemple une posture Zhan Zhuang, la posture de l’arbre, comme application du concept d’énergie. 

La posture de l’arbre étant un formidable laboratoire de recherche.

Concernant la première définition, on peut effectivement dire qu’elle s’applique parfaitement aux arts martiaux.

Concernant la deuxième définition, on peut aussi dire qu’elle s’applique parfaitement aux arts martiaux.

Les mots nous trompent, ou pas …

Le terme grec originel (energeia) signifie « force en action », par opposition à  « force en puissance » (dynamis).

L’énergie serait donc une force, à en croire les origines des mots. 

Mais là aussi, le terme « force » nous induit en erreur car dans l’inconscient collectif, force fait référence à puissance physique. 

On doit donc trouver un terrain d’entente.

Notre approche relativement cartésienne des postures d’enracinement tendraient à supporter davantage la première définition proposée par Wikipédia.

En effet, quand nous parlons du corps dans la pratique posturale, nous sommes en présence de cordes (tendons), de charpentes (os), de chaudron (Dan Tian), etc. tout un tas d’objets appartenant au monde physique, c’est-à-dire un monde explicable par la science moderne.

Unifier les différentes actions que l’on va effectuer lors des séances d’entraînement va produire petit à petit une force en mouvement (donc une « energeia »).

Par son caractère subtil et discret – loin de tout ce qu’on peut voir en salle de musculation par exemple – on pourrait appeler cette force interne du monde physique du corps « force interne dissimulée ».

On s’approche presque de la première définition de Wikipedia car c’est une telle « energeia » qui va « vaincre les inerties et résistances qui s’opposent au changement », la transformation physique étant un des résultats de l’entraînement aux postures de Zhan Zhuang.

L’énergie que Dan Tian va mettre en action en premier lieu est une « energeia », une « force en action », la force interne dissimulée. 

Cette force appartient au monde physique, autrement dit, au monde explicable de la Terre. (On frôle la caverne de Platon …)

C’est à ce moment précis qu’intervient la deuxième définition de Wikipédia qui affirme que certaines pratiques utilisent un « sens dérivé du mot énergie pouvant tour à tour signifier énergie de l’Univers, énergie Divine », etc. pour soigner ou atteindre des états de conscience modifiés.

 » Les voilà, nos illuminés, ils planent à 15 000 !  » (Vous les entendez ces voix ?)

Nous sommes en présence d’un monde non-physique et s’il est non-physique, il n’appartient pas à la Terre mais au Ciel, d’où les termes « Univers » ou « Divine ».

C’est le domaine du Céleste.

Ne vous égarez pas pour autant dans les dogmes religieux, nous sommes ici en présence de concepts métaphysiques.

Bien théorique tout ça …

Mais qu’en pensent nos amis Chinois ?

Expériences auprès des Chinois

Pour préparer l’entretien que nous avons eu avec Hao Yinru (voir les liens en fin d’article), maître de Tai chi Wu-Hao, mon ami Yohan Radomski et moi-même avions demandé aux pratiquants francophones de ce style de Tai chi méconnu de lister les questions qu’ils voulaient poser au maître.

Ainsi, le thème du Chi est apparu.

Voici la question d’un apprenant et la réponse du maître :

 

Q : Est-ce que vous avez une méthode pour absorber et redistribuer le Chi durant les Tui shou ?

R : Oui, bien sûr c’est le principe mécanique du Tai chi chuan, on absorbe la force de l’autre pour l’utiliser, comme ça on n’utilise pas la nôtre. Il n’y a pas de confrontation de forces dans le Tai chi. On détourne la force de l’adversaire pour l’utiliser contre lui. Quand l’adversaire met toute sa force dans votre corps et qu’il n’a plus la possibilité de forcer, c’est à ce moment qu’il faut lui rendre.

 

Rappel du contexte de l’interview puis de la traduction :

– La discussion s’est faite en chinois mandarin, que nous avons bien évidemment enregistrée. 

– Le son de l’enregistrement était parfaitement audible

– Malgré que mon chinois mandarin soit relativement correct, j’ai tout de même demandé à ma femme, chinoise de nationalité, de confirmer ce que j’avais traduit, ce qu’elle a fait.

Aucune erreur de traduction n’est donc possible.

Et pourtant, quand on mentionne le mot Chi, le maître, incontestablement respecté par sa gentillesse et son kung fu dans le milieu chinois du Tai chi style Wu-Hao, nous parle spontanément de force et d’échange de forces.

What ?

Un autre jour, mon maître, cette fois-ci, qui se trouvait absent lors d’un cours nous avait demandé, à un frère d’arme et moi, de le remplacer pour que le cours continue normalement.

Arrive un pratiquant au début du cours, soupirant.

Il nous explique alors qu’en ce moment, il est plutôt occupé, très occupé même et qu’il n’a pas vraiment le temps de s’entraîner. 

Il est dans un état émotionnel assez fort et se place malgré tout dans la posture de l’arbre, posture qui ouvre chacune de nos séances d’entraînement et qu’on doit tenir pendant une heure. 

Au bout de 15 minutes, notre ami abandonne en disant : 我气沉不下去 ! 

Littéralement : mon Chi n’arrive pas à descendre …

Plaît-il ?

Or on sait que pour pratiquer ce genre de posture, il faut être détendu, dans le sens de ne pas forcer. Se détendre dans les arts martiaux internes suit un processus nommé Chen (couler, tomber, sombrer, descendre, etc.) pour arriver à l’état de relâchement relatif Song (être détendu, relâché, apaisé, etc.).

On parle ici de tension et de relâchement.

Que sont les tensions si ce n’est une sorte de force résiduelle ? 

Notre ami, fatigué par les derniers événements de sa vie privée, voulait en fait dire qu’il n’arrivait pas à se détendre, donc de dissiper la force résiduelle présente dans son corps à la suite d’émotions répétées.

Une fois de plus, nous avons un corréla Chi – force exprimé spontanément par les Chinois.

Mon maître dit souvent que pour qu’un combat se passe bien, il faut que le Chi reste dans le ventre et même dans les jambes, de cette manière on peut tenir debout face à un adversaire qui charge. 

Dans notre langage, cela s’appelle l’enracinement, 桩功 zhuang gong. On parle aussi de force, car sans force, pas d’enracinement, pas d’ancrage au sol.

Nous avons donc 3 exemples, illustrés par les Chinois eux-mêmes, qui montrent que Chi est une force physique dissimulée, dans le sens qu’elle ne se voit pas, car la plupart des muscles apparents ne sont pas mis à contribution.

D’un autre côté, on ne peut pas ignorer le fait que Chi soit autre chose, car nous en avons bel et bien l’expérience.

C’est aussi le souffle par exemple.

Ou, selon la définition de Wikipedia, une énergie cosmique, une énergie divine, et notre expérience de la pratique ainsi que nos ressentis le prouvent : 

nous ressentons des choses que les mots peinent à expliquer lors de nos séances d’entraînement.

Ciel – Terre – Humain et la double nature de Chi

Nous avons admis précédemment que « la force interne dissimulée », « l’energeia », était associée au monde physique, à la Terre, et que cette force physique dissimulée était reconnue par les Chinois comme étant Chi.

Nous avons également admis que l’image du Ciel représente une « énergie Divine », « l’énergie de l’Univers » qui est non-physique puisque Céleste.

Dans le Taoïsme, on retrouve cette trinité de « Ciel – Terre – Homme ».

L’Homme ne fait qu’un avec la Terre et le Ciel.

Ce sont de bien belles paroles, poétiques on pourrait dire …

« L’Homme ne fait qu’un avec la Terre et le Ciel » est une expression qui nous donne en outre un indice : la Terre et le Ciel coexistent dans l’Homme.

En d’autres termes, si on reprend les postulats précédents, il y a en l’Homme la force interne dissimulée (physique, de la Terre) et l’énergie de l’Univers (non-physique, du Ciel).

Je me souviens d’avoir vu un jour un documentaire sur les arts martiaux dans lequel un vieux maître chinois tapotait avec le plat sa main sur le front d’un jeune homme têtu en lui disant : « ça, c’est le Ciel » pour ensuite venir lui tenir le menton comme dans la chanson de la barbichette et lui dire : « ça, c’est la Terre ».

On apprenait donc que la tête du corps humain possédait un aspect Ciel (le front) et un aspect Terre (le menton), plus simplement, un haut (Ciel) et un bas (Terre).

Le jeune homme s’exerçait à la posture d’enracinement San Ti Shi du Xing Yi Quan, dans la province du Shaan Xi, du côté de Xi’An. Nous verrons cette posture dans le cours n°3 du programme Zhan Zhuang. (liens vers la posture de l’arbre en fin d’article)

Que faut-il retenir de cet extrait ?

Que le Ciel est en haut et que la Terre est en bas ? 

Bravo ! 

Applaudissements !

Plus sérieusement, on peut affirmer sans vergogne que la partie du corps qui correspond le plus à la Terre ce sont les pieds et que la partie du corps qui correspond le plus au Ciel, c’est la tête.

Suivant cette logique, on peut aussi admettre que la majorité de la « force interne dissimulée » (Chi terrestre), qui par essence est physique, se trouve dans le bas du corps (Terre) et que « l’énergie de l’Univers » (Chi céleste), non-physique, se trouve plutôt dans le haut du corps (Ciel), tout en sachant que ces 2 choses coexistent à l’intérieur du corps si on veut « ne faire qu’un avec la Terre et le Ciel. »

Pour les Chinois, ces deux concepts sont illustrés par un mot : Chi. L’énergie de l’Homme, ou « Chi » serait donc de nature double, à la fois physique et non-physique, terrestre et céleste.

Chi de la Terre et Chi du Ciel

Prenons l’exemple de quelqu’un de passionné et appelons-le « le curieux énergétique », un genre d’explorateur de mondes inexpliqués. 

Nous sommes un peu tous cette personne.

Après avoir découvert et fait l’expérience de certaines notions des arts martiaux, cette personne décide de tester les mouvements internes et donc d’utiliser les forces internes.

Il s’amuse donc avec son Dan Tian en faisant monter la force interne dissimulée (Le Chi dont parlent les amis Chinois et qui est nommé Chi de la Terre dans le texte) le long de sa colonne vertébrale.

Il atteint d’abord le point de la colonne situé entre les 2 omoplates. Quelques mois plus tard, il arrive à faire monter cette force interne dissimulée jusqu’à la base de son crâne puis occasionnellement jusqu’à sentir des sensations sur son front, un peu comme si la peau de son front bougeait toute seule.

En parallèle, il commence à avoir des douleurs dans le haut du dos mais « c’est pas grave » se dit-il, c’est sûrement dû au travail quotidien sur l’ordinateur.

Puis viennent des souffles au cœur, de plus en plus fréquents, des migraines, également très fréquentes.

De l’arythmie cardiaque.

Des troubles de la vision.

Etc.

Pour l’instant, cette personne n’a pas encore compris qu’elle « comprime son Ciel » jusqu’à l’éjecter en dehors du corps en faisant monter le Chi de la Terre jusque dans la tête.

Son corps n’est devenu qu’une force interne dissimulée, qu’une énergie de type Terre, il n’y a plus de place pour l’énergie de l’Univers. 

Il ressemble à La Linea, l’animation de 1971 d’Osvaldo Cavandoli.

Cette technique est très efficace pour pratiquer un entraînement qui se dit « lian gong 练功» en chinois et qui signifie « s’entraîner aux capacités martiales ».

Mais cette technique est également très risquée pour celui qui ne sait pas ce qu’il fait car par manque de Chi céleste, il ne comprend pas ce qu’il fait (l’énergie du Ciel étant associée au discernement) et le corps va s’en retrouver malade s’il continue.

C’est l’exemple de la personne pressée et avide de Chi terrestre que j’étais avant.

Cela augmente drastiquement « gong li 功力» (litt. La force des capacités martiales) mais si on est trop têtu, cela blesse le corps.

C’est pourquoi dans le Tai chi on entend souvent l’expression « Gang Rou Xiang Ji 刚柔相济» (allier le dur et le souple), autrement dit, allier le lourd et le léger, le physique et le non-physique, le Yin et le Yang, la Terre et le Ciel.

Il DOIT impérativement y avoir un équilibre entre les 2, sans cela il y a déséquilibre et perte de régularité puis détérioration accélérée du contenant : le corps.

Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne faille rien bouger dans le corps, car le non-mouvement apporte aussi « la mort ».

Comment ai-je réussi à surmonter ce problème ?

Voyant que le problème allait en s’aggravant, il semblerait que « le Ciel » m’ait fait rencontrer une personne avec qui, aujourd’hui encore, j’apprends énormément.

Infinis remerciements, au passage.

C’est de cette rencontre qu’est née la certitude que je m’entraînais mal.

Mon maître m’avait pourtant laissé deviner cela en me répétant maintes et maintes fois que j’étais trop dur et que j’utilisais trop de force.

Je savais sans comprendre …

Vous-même avez déjà probablement fait cette expérience de savoir mais de ne pas comprendre, n’est-ce pas ?

Et puis un jour, la personne que j’avais rencontrée vint à me parler de l’énergie de la Terre. Cette personne me disait qu’il était dangereux de jouer avec ce truc avant de le maîtriser.

Ce fut un déclic.

Ce que je trouvais jusqu’alors amusant, jusqu’à en être presque dépendant, était en fait ce qui me faisait du mal.

J’ai compris tout de suite qu’il fallait que j’arrête de faire monter ce Chi terrestre plus haut que Ming Men, et qu’il fallait au contraire que je le maintienne le plus bas possible, sans pour autant lui donner l’impossibilité de bouger.

Quelques mois plus tard, en appliquant cette technique (et d’autres relevant de l’autodiscipline), mes problèmes ont disparu.

S’il m’arrive aujourd’hui de faire monter cette énergie jusqu’à la tête, généralement il s’agit en proportion de 10% de mon temps d’entraînement postural, les 90% restant je m’applique pour maintenir cette énergie le plus bas possible, généralement entre Hui Yin et Qi Hai, dans la partie basse de Dan Tian.

Ainsi, je laisse le corps se ressourcer avec le Chi Céleste dont il a besoin.

Prenons l’exemple d’un taolu de Tai chi de style Chen par exemple. 

Dans ce style, il y aura de spectaculaires sorties de force, les fameux « fa jin ».

Regardez plusieurs taolu de ce style et comptez le nombre de « fa jin » que le pratiquant va faire.

Cela ne dépasse pas les 10%, en terme de ratio « durée du taolu / force utilisée pour les fa jin ».

C’est capital.

Vous pouvez utiliser les forces internes à leur maximum, mais ne dépassez pas cette dose sans connaître les risques que vous prenez.

Un autre exemple.

On voit souvent des vidéos de pratiquants qui passent leur temps à faire des sorties de forces spectaculaires pour finir complètement exténués après leurs prestations.

Je serais curieux de voir l’état de leur cœur et de leurs articulations ! 

Et les organes internes qui se prennent des chocs à répétitions !

S’ils ne comprennent pas ce que 虚领顶劲 (Xu Ling Ding Jin) signifie, je ne donne pas cher de leur cou non plus …

C’est un exemple de ce qu’il ne faut pas faire dans les arts martiaux internes, en dynamique comme en statique.

Chi ne peut pas être de bonne qualité si on ne fait pas attention à ce principe fondamental : Chi doit être harmonisé en fonction de sa double nature.

Autrement dit, Terre et Ciel doivent être équilibrés dans l’Homme pour que l’Homme puisse progresser vers la santé et la vitalité.

Comment finalement être en bonne santé au 21ème siècle ?

Nul besoin de pratiquer le Qigong ou le Tai chi pour être en bonne santé aujourd’hui au 21ème siècle.

Mon maître dit toujours : « Bien se nourrir, bien dormir, bien bouger. »

Il apprécie particulièrement résumer les grandes tirades en petites phrases concises…

Alors je vous propose plusieurs conseils pour être non seulement en bonne santé, mais plein de vitalité aussi :

1) Bien se nourrir : 

Mon maître l’a dit. 

Se nourrir, ça signifie manger des produits de qualité optimale, qui nous correspondent en évitant à tout prix les abus. 

L’objectif étant de ne pas trop consommer d’énergie à l’assimilation d’aliments qui doivent justement vous donner de l’énergie. 

Il est dit qu’on ne devrait se remplir le ventre qu’à 80% lors des repas. (La science commence d’ailleurs à montrer que les cellules cancéreuses n’aiment pas vraiment le jeûne – autre débat).

2) Bien se nourrir : 

Cela signifie aussi bien boire. 

De l’eau. 

Notre corps est essentiellement composé d’eau. 

La vie est née dans l’eau. 

Tous les nutritionnistes vous le diront, boire moins d’un litre d’eau par jour et vous êtes dans le rouge. 

L’eau contre le feu, et on l’a vu : c’est bon pour votre équilibre énergétique.

3) Bien dormir : 

Certains ont besoin de moins d’heures de sommeil que d’autres. 

C’est facile à compter. 

Prenez l’habitude de vous coucher à 22h30 et voyez à quelle heure environ vous vous levez sans réveil. 

Attention : cette méthode fonctionne si vos journées sont exactement les mêmes, les unes après les autres, weekend compris. 

Mais plus important que la durée de sommeil, la qualité de sommeil est à privilégier. 

9h de sommeil agité ne valent rien comparé à 6h de sommeil réparateur.

Le Chi s’apprivoise également par le sommeil réparateur.

4) Choisissez bien vos amis : 

Choisir ses amis est aussi important que bien dormir. 

Le mieux est de s’entourer de personnes motivantes, optimistes et qui agissent dans leur vie, car l’inspiration est source d’énergie.

Il est fortement déconseillé de côtoyer des personnes rassemblant tous les défauts, notamment qui se plaignent, font preuve de négativisme ostentatoire ou encore attendent que les autres leur rendent la vie plus belle.

Évitez ces gens-là car ce sont de vrais vampires, ils vous fatigueront inutilement.

5) Équilibrez vos phases de travail physique et de travail intellectuel. 

C’est une chose dont personne ne parle : l’équilibre intello-physique, ou physico-intellectuel, je sais pas trop comment on dit …

Il est aussi important de maintenir un équilibre entre Kan et Li dans le Qigong, qu’un équilibre entre activité cérébrale et activité physique dans la vie quotidienne. 

Et il y a cela de magique que 15 minutes de sport dans la journée peuvent compenser 1 heure de travail intellectuel, environ.

Pour le petit rappel : 

Sport = effort physique produisant un échauffement des tissus corporels provoquant sur le moyen terme la transpiration. 

Marcher, c’est pô un sport, sorry … 

Donc 8 heures de boulot devant l’ordi n’auront pas besoin d’être compensées par 8 heures de sport.

6) Faire plus de choses que vous aimez que de choses qui ne vous plaisent pas.

Ce qui ne veut pas dire qu’il faille faire seulement des choses qui vous plaisent et refuser catégoriquement toute difficulté.

Car ça c’est aussi idiot que de croire que la liberté c’est faire seulement ce qu’on veut !

Le fait est qu’une difficulté paraît toujours moins insurmontable quand on fait des choses qu’on aime, puisque, comme avec les personnes inspirantes, vos activités préférées génèrent pour vous une grande quantité d’énergie disponible, ici et maintenant.

Que devez-vous faire dès maintenant ?

Faire du Qigong ou du Tai chi améliore la santé et plus largement la vie, c’est indéniable.

Quotidiennement, les choses simples pour se prémunir contre les imprévus sont tout aussi importantes, la liste de conseils ci-dessus en est un exemple.

Si Chi est l’objet de votre curiosité et de vos études, alors chaque geste, chaque pensée, chaque objectif de votre vie doit être envisagé de manière consciente et en direction de ce but.

Chi ne s’aborde pas aveuglément et si vous voulez vous aussi en faire l’expérience, il faut d’abord passer par des choses basiques qu’on appelle péjorativement des « conseils de vieux ».

 » Marche pas pied nus par terre quand il fait froid ! « 

 » Cache-toi bien les reins ! « 

 » Bois de l’eau tiède ! « 

 » Te couche pas trop tard ! « 

Et vous en connaissez plein d’autres, je peux le parier.

Il faut remettre les pendules naturelles à l’heure en quelque sorte.

Les arts martiaux et les arts de santé ne sont que les outils du « curieux énergétique » déjà en bonne santé.

Se soigner consciemment, s’entretenir consciemment, se renforcer consciemment, tel est le chemin de celui qui désire savoir ce qu’est Chi.

Tout cela n’est qu’hypothèse, bien entendu, et ça demande des preuves honnêtes auprès du vécu de chacun. 

De même qu’on trouve des infos dans les livres, on en trouve aussi dans notre expérience. 

Partageons-les alors. 

Si pour vous cet article a de la valeur, manifestez-le en cliquant sur Tip! à droite. C’est un système de pourboires qui encourage à la publication. À vot’bon coeur M’sieur Dames !

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de clerck michele michele
Invité
de clerck michele michele

bonjour document tres interessant je voulais le partager avec 1 ami par mail mais impossible de le faire dommage

Briers Isabelle
Invité
Briers Isabelle

Très complet, didactique. Bravo et merci pour ce travail de synthèse 🙏. Je n ai rien à ajouter…

Pierre-Alain DENICOURT
Invité
Pierre-Alain DENICOURT

Bonjour à tous, bravo pur ta démarche Mathieu. Quand au Chi il n’est qu’une expression du Dao .Toutes les nuances de Chi sont magnifiquement décritent dans le livre de Gu Meisheng « Le chemin du souffle » pensées chinoises et Taiji quan et aussi dans celui de michel Chiambretto « Le souffle » sous le sceau du secret.
Arrivée des Chi 🙂

Sow Cheikh
Invité
Sow Cheikh

Merci , pour cette article qui m’a fait découvrir de nouvelles informations 🙂.
Tout comme vous l’avez expliqué , le chi (où ki) ne peut être pleinement utilisé sans s’entraîner intelligemment avec un expert .
Cependant , à mon humble avis j’ai l’impression que le ki (celui qu’on utilise dans le qigong où les arts martiaux)n’est que la résultante de trois choses : l’intention , la posture(dynamique ou statistique),et la  »capacité a ressentir ce qui est en soi et autour de soi »(je n’ai pas réussi à m’expliquer plus clairement, désolé 🙂), ainsi je peux (un peu) comprendre le concept de » chi terrestre » , mais j’ai du mal avec le chi céleste et surtout (certainement a cause de mon bas niveau en la matière) sont utilité dans tout ce qui est liée à art martial ou même qi gong, quelqu’un pourrait m’expliquer ?😅
Je vous remercie d’avance.

Stephane Le Niliot
Invité
Stephane Le Niliot

Bonjour Mathieu et encore bravo pour cette article. Le Chi est bien présent en nous, à chacun de nous de s’en servir pour avoir une Bonne santé pendant longtemps et bien plus encore. La femme sera plus facilement l’apprivoiser, elle donne la vie, mais cela est un autre débat 😊 . Tu nous fais tous évoluer. Continue c’est super, un Grand Merci à toi.
Amicalement. Stéphane

Monlezun Pierre
Invité
Monlezun Pierre

Bonsoir Mathieu Beaucoup de sagesse je m’inscrit totalement dans votre étude et analyse.Je travail également depuis quelques année sur le Chi.Le Chi de la terre et le Chi du ciel mais aussi de la place de l’homme entre ciel et terre.Ce travail sur les énergies est fascinant. Je pratique plusieurs forme anciennes de Qi Gong mais aussi de méditation en essayant de respect les règles fondamentales en respectant l’enseignement de nos anciens,je suis également un adepte d’aïkido Art que j’ai du abandonné ce que je regrette profondément . En plus de ces deux disciplines Tao Yin et Méditation j’ai incorporé la sylvothérapie ou Shirin Yuku. Je travail donc a ce jour sur un savant mélange en harmonie entre Tao yin méditation et sylvothérapie et le résultat est surprenant.J’ai l’impression d’être connecté entre ciel, terre et nature au monde de proximité qui m’entoure et me donne une énergie débordante( Je dois… Read more »